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    November 20

    Mon Ame dérive

    Je glisse doucement

    Vers la fin d’une vie ;

    Me cachant, m’enfermant

    Dans la boîte assombrie,

    Rencontrant calmement

    Ce lieu de paradis,

    Où je peux librement,

    Sans avoir de l’envie,

    Eclairer mes plaisants,

    Assombrir mes ennuis.

    Mon âme, s’en allant

    Visiter quelque vie,

    Vague, éternellement,

    Sans un hôte précis..

     

    Domi.Gib, Mon Ame dérive, décembre 2001. 

    Amour (1)

    Amour, tu es un abysse :

    Quand on suit le faux chemin,

    On ne connaît que le vice,

    Qui est un désir malsain.

    On t’a fait confiance à tort,

    Car le chagrin nous fait signe.

    Comment expulser ce sort

    Qui entraîne dans la vigne ?

    Suffit-il de détester

    Pour éviter le péril

    De voir son âme rester

    Dans tes griffes rétractiles ?

    Suffit-il de t’affronter

    Pour sortir du labyrinthe ?

    Tu ne peux être dompté

    Que si l’on n’a plus de crainte

    De se sentir seul un jour,

    D’avoir perdu son amour.
     
    Domi Gib, Amour, août 1997.

    Un Soir de frites (1)

    Il est dix huit heures pile.

    Le ciel tend à se voiler ;

    La nuit recouvre mon île

    De son drap sombre étoilé.

    Quelques gouttes de pluie fine

    Me caressent la peau sèche   

    Que la chaleur mit en ruine.

    C’est une pluie plutôt fraîche

    Qui atténue la chaleur.

     

    Tout-à-coup, on ne voit rien ;

    D’habitude, j’ai très peur

    Dans le noir ; mais ça va bien,

    Car le courant revient vite…

     

    Il est l’heure de manger !

    Au menu : du poulet-frites ;

    Le saladier est chargé.

    Moi je déteste ces choses !

    J’ai alors mangé du riz…

     

    La nuit vient peindre en rose

    L’horizon qui s’assombrit.

    Je sens que, de plus en plus,

    Mes paupières s’alourdissent…

    Ai-je trouvé mon salut

    Dans le sommeil où je glisse ?
     
    Domi Gib, Un Soir de frites, juin 1998.

    La Nature de l'homme

    La nature, quelle beauté !

    Oh ! Qu’ils sont beaux, ces animaux !

    Volez, marchez, nagez, sautez !

    Mais hommes qui lui créez des maux,

    Vous qui abattez tous ces arbres,

    Vous n’êtes que des destructeurs !

    Ah ! Vous hommes au cœur de marbre,

    Vous êtes, certes, constructeurs

    De maisons, de routes, d’usines

    Qui polluent tout ce qui est sain,

    Que la nature dissémine.

    Pourquoi, êtres si inhumains,

    Ne faîtes-vous que la détruire,

    La laissant sans immunité ?

    Qu’a t’elle donc fait pour lui nuire ?

    Nature, quelle iniquité !

     

    Domi Gib, La Nature de l'homme, avril 1999.

    Amour (2)

    Amour, tu es peine

    Quand tu nous malmènes ;

    Tu es un poison

    Plein de déraison

    Quand tu nous abats

    De foudre en débat.

    Qu es-tu donc, Amour,

    Pour nous rendre sourds ?

    Est-ce une potion

    Pleine de passion

    Qui, sans antidote,

    Rend nos pensées sottes ?

    Au lieu d’être soûls,

    Sortons de ce trou

    Si sombre et sans fin :

    Le trou du chagrin.

    Finis en éclat

    Trou de scélérat !

     

    Domi Gib, Amour, août 2000.

    Un Soir de frites (2)

    Loin ! Loin ! D’ici je vois de gros nuages.

    C’est l’heure où tout le monde va dîner.

    Plus près ! Les pigeons sèchent leur plumage…

    Quelques gouttes me caressent le nez…

    Oh ! Oh ! On dirait que le ciel se fend !

    On peut entendre un terrible fracas

    Composé d’éclairs et de grondement.

    Autant de bruit ! C’est un vrai brouhaha !…

     

    Dominique ! Viens ! Le dîner est prêt !

    Encore des frites ! Rien que des frites !

    Heureusement qu’il y a du poulet.

    D’entendre souvent « frite », ça m’irrite.

    Alors je mangerai plutôt du riz.

    Après toutes ces réflexions, je rentre…

    Je m’attable… on mange… on discute… on rit…

    Quand je finis par me remplir le ventre,

    Je m’en vais m’affaisser dans un fauteuil,

    Et je regarde la télévision…

     

    Le marchand de sable remplit chaque œil,

    Et Morphée m’emporte dans sa maison.
     
    Domi Gib, Un Soir de frites, juillet 2000.

    L'Amant des quatres lunaisons

    Son amour ne dure que quatre lunes ;

    C’est le temps que lui incombe Saturne..

    Il cueille une nymphe, et puis il s’enfuit

    Au bout de cent vingt jours et cent vingt nuits.

    Il chasse une nuit de nouvelle lune,

    Et utilise les flèches communes

    A celle qu’il vient d’abandonner.

    Il ne laisse aucune fleur se faner: ;

    L’amant s’empresse alors de la cueillir,

    L’emmène sous son gîte de satyre,

    Et l’effeuille jusqu’à la nuit fatale

    Où il s’adonne à une bacchanale.

     

    Domi Gib, L'Amant des quatres lunaisons, décembre 2001.

    A La Recherche de mes rêves

    sont passés mes rêves ?

    M’ont-ils abandonné ?

    Je dois les ramener,

    Car j’en souffre et j’en crève.

    Je cherche au fond de moi…

    Mais je ne trouve rien,

    Et rien ne me revient.

    Je tente maintes fois…

    Je n’en vois nulle part ;

    Car l’oubli est si sombre

    Qu’on ne voit que leurs ombres.

    C’est un vrai cauchemar ! 

     

    Domi Gib, A La Recherche de mes rêves, avril 2001.

    Un Rêve fantasmagorique

    Un rêve fantasmagorique

     

     Mon chien remue la queue,

    Et moi, je suis heureux.

    D’ici, je vois venir

    L’objet de mes désirs ;

    Une voix douce et claire,

    Et un parfum dans l’air

    M’ensorcèlent très vite.

    Dès que j’ai le mérite

    De goûter ce regard

    Orné de perles rares,

    D’un vert nacré et pur

    Reflétant la nature,

    Par malheur, une brume

    Suivie d’une amertume

    Viennent brouiller mon rêve,

    Ma passion et ma sève.

    Mon chien rentre la queue,

    Et je suis malheureux.

     

                                                                                                                                        Domi Gib, Un Rêve fantasmagorique, septembre 2001.